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12/02/2010

L’Europe au secours de la Grèce, une démarche désintéressée ?

La Grèce affiche un déficit budgétaire impressionnant : 12,7% pour 2009, soit bien plus que les 3% prévus dans le Pacte de Stabilité et de Croissance. Elle met donc la zone Euro et la situation économique des autres Etats membres sous pression. A situation d’urgence, réponse d’urgence… Les 27 se sont réunis hier à Bruxelles sous la Présidence d’Herman Van Rompuy. Le but ? Etablir un plan de sauvetage.

La « solidarité » dites-vous ?

Pour bénéficier du soutien des autres pays européens, la Grèce va devoir adopter un plan d’austérité drastique. Parmi les mesures envisagées : réformes fiscales et lutte contre la fraude, recul de deux ans de l’âge du départ à la retraite d’ici à 2015 et réduction sévère des dépenses dans la fonction publique.

Nous regrettons que la priorité de l’Europe consiste à rassurer les investisseurs et stabiliser le cours de l’Euro par essence volatile et spéculatif, alors que le développement d’une stratégie économique et sociale au bénéfice de tous les citoyens piétine.

Nous le déplorons car nous savons que 80 millions de personnes en Europe vivent actuellement en situation de précarité. Dans ce contexte, et qui plus est, dans le cadre actuel de l’Année européenne 2010 de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale, est-il réellement opportun d’utiliser de vielles recettes qui ont montré leurs limites ? Il nous semble que le passé a déjà démontré que promouvoir la croissance économique à tous crins, les réductions des dépenses publiques et des budgets sociaux etc. n’était pas la panacée.

Un changement de paradigme est nécessaire. Car seul un modèle de société novateur permettra à l’Europe de préserver à moyen et long terme les conditions nécessaires à la réalisation de l’objectif décidé à Lisbonne en 2000 de parvenir à « une nouvelle économie sociale de marché durable, une économie plus intelligente et plus verte, dans laquelle notre prospérité proviendra de l'innovation et d'une meilleure utilisation des ressources, et dont le principal moteur sera la connaissance».

Lydie Gaudier,
Directrice des projets de Pour la Solidarité