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16/12/2010

Jour de vérité pour l’euro?

par mario's planet.jpg

Les 27 se retrouvent à Bruxelles ces jeudi et vendredi pour un septième sommet européen consacré à la crise économique et financière qui met à mal la zone euro. Les chefs d’Etat et de gouvernement arriveront-ils à s’accorder sur la modification du traité de Lisbonne afin de mettre en place un mécanisme d’aide permanent ? Leurs efforts parviendront-ils à stabiliser la zone euro et à rassurer des marchés plutôt agités ? Réussiront-ils à convaincre les foules qui grognent un peu partout en Europe à cause de l’austérité ? Rien n’est moins sûr...

Pourtant, les dirigeants européens se doivent de trouver un consensus autour d’une modification du traité de Lisbonne afin de créer un Fonds de secours financier permanent pour les pays de l’Eurogroupe en difficulté. En effet, le mécanisme provisoire mis en place par l’UE et le FMI pour secourir la Grèce et l’Irlande n’est prévu que jusqu’en 2013. Et deux années semblent bien trop courtes pour endiguer la crise de confiance et assainir les économies nationales.

Ce n’est pas aujourd’hui que l’on débattra des modalités concrètes et des détails techniques et financiers, mais l’Allemagne a déjà exigé les principes d’unanimité et de dernier recours pour l’activation du nouveau dispositif. Si le consentement de tous constitue une garantie importante pour les Etats Membres avant d’accorder une aide financière, il est loin d’être dit que les pays européens s’empresseront de voler au secours de leurs camarades dans le besoin. Certains ont déjà clairement fait comprendre que leur solidarité avait des limites. D’autres crient au dispositif palliatif et veulent créer des « euro-obligations » afin de mutualiser les risques – mais ne trouvent concrètement encore que peu d’écho.

Il est certain que ce sommet ne résoudra pas la crise dans laquelle s’est enlisée la zone euro. Cependant, on aurait tort de sous-estimer la résilience de l’économie européenne et d’oublier que le véritable besoin pour sortir de la crise est d’abord un besoin d’actions déterminées et concertées de la part des 27 – d’autant plus nécessaires que les populations européennes ont soif d’actions concrètes.

Céline Brandeleer, Pour la Solidarité

15:18 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : europe

Europe et SSIG : une session positive avant une année décisive

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Le Conseil de l’Union européenne « Emploi, politique sociale, santé et consommateur » s’est tenu sous Présidence belge à Bruxelles ces 6 et 7 décembre derniers. Co-présidée par Laurette Onkelinx, Vice-Première Ministre belge et Ministre des Affaires sociales et de la santé publique, cette session du Conseil a placé les services sociaux d’intérêt général (SSIG) au cœur des discussions où la majorité des Etats membre de l’UE étaient représentés.

La ministre Onkelinx, qui avait fait des SSIG son cheval de bataille en présidant notamment le 3e Forum sur les SSIG, a eu un rôle moteur important lors de cette session. Et les avancées sont loin d’être négligeables puisque le Comité de protection sociale poursuivra ses travaux sur la question pour préparer dès à présent le prochain Forum.

La Commission, quant à elle, est invitée à clarifier les textes juridiques relatifs aux SSIG, à préciser les conditions d’application des règles de concurrence et, avant tout, à définir si les services sociaux doivent être assimilés à des services économiques ou non. Enfin, cette session a également été l’occasion d’informer les Etats membres du  « Cadre européen volontaire pour la qualité des services sociaux », un document du Comité de protection sociale, posant des normes de qualité qui devraient être appliquées aux SSIG.

Ces conclusions prises par les Etats membres et les impulsions sociales apportées par la Présidence belge tombent à un moment stratégique puisque l’année 2011 sera doublement déterminante pour l’avenir des SSIG en Europe.

En effet, au premier trimestre 2011, le Single Market Act du Commissaire au marché intérieur, Michel Barnier, doit être soumis au vote du Parlement européen et au vote du Conseil, ce qui est loin d’être chose facile. Pour la première fois, un texte de la Commission relatif au marché unique souligne clairement l’importance d’intégrer une dimension sociale dans les politiques du marché unique et insiste sur le rôle primordial des services publics et des services sociaux en Europe si l’on veut construire une Europe forte, intelligente, compétitive et emprunte de cohésion sociale. Si le Parlement européen n’a pas manqué de saluer les avancées de la Commission sur la question sociale, cet acte ne fait pas l’unanimité au sein des Etats membres qui, pour certains, estiment que les règles du marché unique relèvent d’un domaine strictement économique.

Par ailleurs, 2011 sera l’année de transposition de la Directive service. Le Conseil a permis de présenter diverses initiatives des Etats membres visant à l’amélioration de la qualité des services sociaux. Il sera important de surveiller comment les Etats membres vont s’approprier ces bonnes pratiques et se saisir des instruments que le Traité met à leur disposition (Protocole 26 TFUE). Malgré des textes très controversés – à juste titre, l'Europe offre toutefois une marge de manœuvre aux Etats membres. En effet, elle exclut du champ de la Directive service certains secteurs et donne les moyens aux Etats membres de protéger les services d'intérêt général des règles de concurrence du marché intérieur. Il est donc aussi de la responsabilité de l’Etat membre de se servir des outils qu’il a sa disposition pour sécuriser les services publics lorsqu'il transpose la directive en droit national.

2011 sera donc une année décisive pour les SSIG. Espérons que l’impulsion sociale de la Présidence belge continue à porter ses fruits.

Miléna Mathe et Céline Brandeleer, Pour la Solidarité

18/10/2010

La Barje, un acteur du développement local solidaire à Genève

Depuis 2005, l'association La Barje exploite un bar-terrasse estival situé au bord du Rhône, promenade des Lavandières, à Genève (Suisse). Bien plus qu'un lieu de détente sympathique et saisonnier, ce projet fait le pari de la générosité et de l'innovation sociale pour mettre en place un modèle entrepreneurial profitable à la population comme à la vie associative.

Projet économique, mais aussi projet social et écologiquement engagé : La Barje est en deux mots un projet durable. La cohérence des actions et réflexions, la démarche intègre qui y sont à l'œuvre méritent d'être épinglées. C'est le but de cette analyse de Pour la Solidarité que vous pouvez téléchargez sur ce lien : http://www.pourlasolidarite.eu/La-Barje-un-acteur-du

 

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21/05/2010

L’éducation pour lutter contre l’exclusion sociale.

L’exclusion financière est un des aspects de l’exclusion sociale et de la pauvreté. Comprendre ses causes, c’est déjà trouver des solutions.

Tout d’abord, un chiffre éloquent : 16 pc. C’est la proportion de la population européenne qui vit sous le seuil de pauvreté.

Ce constat alarmant est d’autant plus inacceptable que l’exclusion sociale qu’engendre bien souvent la pauvreté constitue, pour les personnes concernées, un déni de leurs droits fondamentaux.

On le sait, la pauvreté est multidimensionnelle. Elle doit donc être analysée sous ses différents aspects, afin d’apporter des propositions de solutions cohérentes et efficaces.

L’exclusion financière représente l’un des aspects de la pauvreté et de l’exclusion sociale. Il est en effet devenu indispensable d’avoir accès aux services financiers pour participer pleinement à la vie économique et sociale de nos sociétés. Sans compte bancaire, il est par exemple difficile de trouver un emploi car les salaires sont presque toujours payés par virement bancaire. Et il est impossible de faire des achats sur Internet.

Quelques chiffres à nouveaux : dans les pays de l’Europe des 15 (les pays ayant adhéré à l’Union avant 2004), 10 pc des personnes de plus de 18 ans ne disposaient d’aucun compte bancaire en 2003. Cette proportion atteint les 47 pc dans les pays de l’Europe des 10 (les pays ayant adhéré à l’Union en 2004).

Les causes de cette exclusion financières sont diverses. Coût des services financiers trop élevé, complexité de l’offre, manque d’information, manque de confiance en l’institution financière ou encore problèmes d’accessibilité sont autant de freins à l’inclusion financière.

Face à ces différents constats, le développement d’initiatives en matière d’éducation du consommateur peut représenter une piste de solution. Bien entendu, les initiatives prises dans ce domaine devraient venir en complément d’un cadre réglementaire, européen et national, qui consacrerait l’accès de chacun à un compte bancaire de base.

Un certain nombre de pays européens, dont la Belgique, ont mis sur pied une série de programmes et de bonnes pratiques en la matière. Leur analyse a permis de mettre en évidence l’intérêt et la nécessité du développement d’une approche selon le cycle de vie, mieux adaptée aux besoins des personnes en fonction de leur âge et de leur situation familiale et professionnelle. Elle a également souligné le fait qu’il faut davantage veiller à ce que ces programmes touchent réellement le public cible.

Cela pourra notamment se faire via des partenariats entre ONG, institutions publiques et secteur privé.

Pour en savoir plus :

- www.pourlasolidarite.eu

- http://ec.europa.eu/internal_market/finservices-retail/inclusion_fr.htm

- http://www.fininc.eu/index,en.html

20/05/2010

La réforme des retraites est d’actualité non seulement en France mais également dans la plupart des pays européens.

En cause l’allongement de l’espérance de vie qui fait que la proportion entre les actifs qui financent la sécurité sociale (via leurs cotisations sociales notamment) et les inactifs serait trop faible pour assurer des pensions décentes à tous. La solution au problème consiste donc principalement, pour les gouvernements, à augmenter le nombre d’années de cotisation…

Rappelons néanmoins que les dépenses de la sécurité sociale concernent aussi les allocations de chômage et autres allocations sociales, ainsi que l’assurance-maladie.

En conséquence, pourquoi les gouvernements, ne s’orientent-ils pas, en premier lieu, vers l’augmentation du taux d’emplois des jeunes, des femmes et des travailleurs âgés, plutôt que de remettre en cause le nombre d’années de cotisation ?

Les emplois verts qui se dessinent dans le cadre de la transition vers une économie plus durable du point de vue environnemental, le développement du secteur des services à la personne, le développement de mesures de conciliation entre travail et familles qui permettraient aux femmes de s’investir davantage et dans le cadre d’emplois convenables sur le marché du travail, sont des mesures qui mériteraient d’être creusées. Leur coût, les économies et les retombées en termes de cotisations pour la sécurité sociale qu’elles engendreraient doivent être évaluées et leur impact en termes de cohésion sociale doit être pris en compte.

En revanche, parfois évoqué, le travail bénévole des retraités, s’il représente une richesse à préserver, peut difficilement être pris en compte en tant qu’élément de solution pour les retraites. En effet, d’une part, il ne donne lieu à aucune cotisation sociale, d’autre part, une des caractéristiques du travail bénévole est précisément le volontariat. Cela signifie que le travail ne fait l’objet d’aucune contrainte de la part des prestataires.

La richesse produite annuellement allant, en principe, en s’accroissant ; le déficit engendré par l’arrivée à la retraite des baby-boomers devrait, par ailleurs, progressivement représenter une somme beaucoup moindre par rapport au PIB généré par l’activité économique. Mais de ce point de vue, comme de celui de l’évolution démographique, l’avenir reste incertain !

Quant au rapport entre les cotisants et les inactifs, soulignons qu’à l’époque du développement des régimes des retraites, en 1945, les femmes ne travaillaient pas ou beaucoup moins, en tous cas comme salariées, et donc ne contribuaient pas au financement du système. Il est vrai qu’elles n’en bénéficiaient pas non plus…