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02/05/2012

La précarité des travailleurs... un mal qui peut toucher chacun d’entre nous

10696419.jpgNos emplois sont-ils encore décents? A-t-on encore une certaine sécurité d’emploi? Selon Guy Standing, professeur d’économie, il faut plutôt répondre par la négative à ces questions. Dans son récent livre, « The Precariat – The New Dangerous Class », il explique l’émergence d’une nouvelle classe de travailleurs à travers le monde se trouvant dans une situation de précarité, cumulant des emplois à court terme, tout en étant de moins en moins épaulés par la protection sociale.

Lors du Forum organisé par l’European Trade Union Institute le 27 avril dernier, Guy Standing a eu l’occasion d’expliciter les propos tenus dans son ouvrage, qu’il résume en cinq questions :

Qu’est-ce que le « précariat » ?

Ce terme désigne le fruit d’une évolution qui a mené les personnes à accepter de travailler sans sécurité ni certitude quant à leur avenir. Ces personnes constituent petit à petit une nouvelle classe, créée de toute pièce par la forme de capitalisme actuelle. Cette nouvelle classe en devenir est très hétérogène car elle concerne tant les personnes âgées qui tombent dans la précarité et ne savent plus se projeter dans l’avenir, que les jeunes diplômés qui ne trouvent pas d’emploi. Mais ces personnes partagent des points communs importants, comme l’absence d’identité professionnelle, de sentiment d’appartenance à la société ou de vision de l’avenir.

Pourquoi s’en préoccuper ?

Il est important, selon Guy Standing, d’attaquer ce « nouveau mal » car il peut toucher chacun d’entre nous ou nos proches. Il dénombre d’ailleurs quatre caractéristiques propres au précariat, auxquelles de nombreuses personnes peuvent s’identifier. Tout d’abord l’anxiété, la peur qu’une simple erreur de parcours puisse faire flancher tout un avenir professionnel. Ensuite l’impossibilité d’envisager son existence sur le long terme, faute de ne pas pouvoir identifier des moyens pour s’en sortir. Enfin le découragement et le sentiment de colère.

Pourquoi ce phénomène est-il en pleine expansion ?

Avec la mondialisation, les travailleurs ont vu le marché du travail, puis leur salaire et finalement leurs fonctions et leur carrière devenir de plus en plus flexibles, avec de moins en moins de sécurité. Ces tendances semblent aujourd’hui atteindre leur paroxysme... Toujours d’après Guy Standing, le système éducatif est lui aussi gangréné car les études coûtent de plus en plus cher pour moins en moins de chances de faire carrière.

Qui est concerné par la précarité ?

Toute personne risque de se trouver un jour dans cette situation, mais les jeunes, les femmes ou encore les personnes handicapées sont tout particulièrement touchés.

Où tout cela nous mène-t-il ?

Ce climat d’insécurité peut être propice au développement de tendances politiques néofascistes. Cependant, il convient d’être prudent. Guy Standing se veut optimiste et pense que les personnes s’indigneront davantage contre ce système et s’organiseront pour réagir. Celles-ci devront alors se battre pour une reconnaissance de la précarité, pour une certaine représentation de celle-ci dans les agences sociales et autres organes publics et pour une redistribution de la sécurité, du temps, de l’espace et bien sûr du capital financier.

Une nouvelle classe telle que décrite par Guy Standing se développera-t-elle ? Les mouvements comme « Occupy Wall Street » verront-ils le jour à l’échelle mondiale et feront-ils changer les choses ? Le mouvement des indignés amorce-t-il une nouvelle « lutte des classes » ? Ou s’agit-il seulement de faire sortir Marx du placard ? Une chose est sûre en tout cas, le débat sur la qualité de nos emplois et la dignité des nos vies est loin d’être clos !

Elise Dubetz, Pour la Solidarité

Commentaires

nnnn

Écrit par : latchere | 24/09/2012

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