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17/10/2011

L’avenir du partenariat Europe-Ukraine se jouera-t-il en justice ?

4422689410_a306fdee77_m.jpgLa signature d’un accord d’association avec l’Ukraine est prévue pour fin 2011. Les négociations ayant commencé en 2008, l’Ukraine semblait être une valeur sûre et tout particulièrement après les affirmations du Président Ianoukovitch, selon lesquelles l'avenir du pays se construirait avec l’Europe. De plus, le pays s’était empressé de souligner qu’il ne ferait pas partie d’une « Union Eurasienne », telle qu’évoquée par le Premier ministre russe, Vladimir Poutine, la semaine passée.

Cependant, depuis mardi dernier les relations sont plus tendues. Le jugement contre Iulia Timochenko a remis en cause les accords précédents. Déclarée coupable d’abus de pouvoir, l’ancienne Premier ministre ukrainienne a été condamnée  à 7 ans de prison. Ce jugement a engendré de fortes critiques en Europe, notamment de la part de la Haute Représentante pour les Affaires Etrangères et la politique de sécurité, Catherine Ashton, qui estime que le procès n’était que justice sélective. Pour cause en effet, l’on peut partir du principe que Ianoukovitch a surtout cherché à éloigner sa rivale de longue date, dans un procès qui – bien que conforme aux lois nationales – n’était marqué ni par la transparence ni par l’impartialité. Pourtant, malgré de fortes critiques, une ligne commune dans les politiques européennes manque à  nouveau, pour plusieurs raisons.

Si le personnage de Iulia Timochenko peut être contesté à plusieurs niveaux, personnes d’oserait critiquer ses efforts pour un rapprochement entre l’Ukraine et l’Union Européenne. Cependant, l’Union hésite à renforcer ses liens avec un pays qui semble glisser lentement vers la dictature et où la justice est politisée voire partiale. Un tel rapprochement minerait, en effet, les valeurs que représente l’Union, dont les plus emblématiques sont justement la démocratie et le respect des Droits humains. Mais l’Union peut-elle réellement se permettre de sanctionner ce partenaire et de ne plus poursuivre les négociations sur l’accord l’association... au risque de le perdre et d’éventuellement le voir se rapprocher de la Russie ?

Une réconciliation qui ne ferait perdre la face  à personne et éviterait l’affrontement parait uniquement possible si l’appel de Timochenko trouve une autre issue que le jugement initial. Sujet qui ne sera certainement pas un tabou entre le Président de la commission, José Manuel Barroso, et le Président ukrainien, lors de sa visite à Bruxelles prévue pour le 20 octobre. 

Miriam Gouverneur, Pour la Solidarité

12:16 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (0)

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