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11/05/2011

Une nouvelle voix pour l’illettrisme

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Est considérée comme illettrée une personne ayant bénéficié d'apprentissages, mais n'ayant pas acquis, ou perdu, la maîtrise de la lecture, de l'écriture et du calcul. L'illettrisme est à distinguer de l'analphabétisme qui résulte, quant à lui, d'une absence d'apprentissage. Cette distinction est essentielle : en effet, bien qu’aujourd’hui la majorité des Européens ait accès à l’école, l’illettrisme n’est, pour autant, toujours pas éradiqué en Europe. Loin de là… Ainsi, dans l’Union européenne, chaque année, 20% des jeunes sortent de l’école sans avoir acquis le socle minimum de connaissances nécessaires pour s’intégrer dans la vie sociale et dans le travail et 80 des 500 millions de citoyens européens ont du mal à lire et à écrire.

L’illettrisme engendre pauvreté et exclusion sociale. Les études PISA menées en Europe sont alarmantes : elles révèlent que le nombre – déjà élevé – de jeunes accusant de faibles compétences en lecture est en constante augmentation. De 21.3% en 2000, il est passé à 24.1% en 2006. Les instances européennes ne peuvent rester sourdes à cette dégradation qui met en péril la cohésion de nos sociétés.

A titre d’exemple, dans 15 ans, seuls 15% des emplois seront des emplois peu qualifiés, ce qui aggravera encore l’exclusion des personnes illettrées. De manière générale, une population peu qualifiée est moins productive, ce qui nuit à la compétitivité et donc à la croissance de l’Europe, pourtant objectif n°1 de la Stratégie Europe 2020. Pour poursuivre son objectif de croissance intelligente, durable et surtout inclusive, il est donc indispensable que l’UE donne une définition européenne de l’illettrisme et s’empare de ce fléau, en investissant tant dans la formation des plus jeunes que celle des adultes.

Il s’agit de donner aux citoyens européens la possibilité de trouver un emploi et de jouer un rôle actif dans la société mais aussi de réduire les inégalités sociales dans des domaines aussi divers que la santé publique, la participation électorale et la vie associative, autant de domaines dont la participation est souvent corrélée au niveau d’instruction de la population.

En février 2010, le Comité des Régions a adopté à l’unanimité un Avis sur le thème «Faire reculer l’illettrisme – Penser une stratégie européenne ambitieuse pour prévenir l’exclusion et promouvoir l’épanouissement personnel ». Un an plus tard, en février 2011, un groupe d’experts indépendants a été mandaté par la Commission afin de « tracer des pistes pour relever le niveau d’alphabétisation ». Ce groupe doit rendre ses conclusions à la Commissaire européenne chargée des questions d’éducation, Androulla Vassiliou qui en rendra compte fin 2012 en Conseil des ministres.

Si les études s’accordent sur la pertinence de l’échelon local pour remédier au problème, la reconnaissance et la mise en place d’une stratégie européenne sont également nécessaires. Cela permettrait d’accroître la coopération au sein de l’UE grâce au financement de projets transnationaux par la Commission européenne. L’objectif étant de réunir et d’échanger des bonnes pratiques qui visent à soutenir les personnes qui souffrent d’illettrisme. Il est également urgent d’inscrire la lutte contre l’illettrisme dans les orientations stratégiques qui régissent le Fonds Social Européen afin de soutenir les initiatives publiques et privées de formation aux salariés souffrant d’illettrisme.

En somme, les initiatives ne manquent pas : il reste à les concrétiser mais également à leur assurer une plus grande visibilité.

Audrey Houssière, Pour la Solidarité

16:43 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : europe

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