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28/01/2011

Je m'immole … donc je suis

Effet domino... Après la Tunisie, l'Algérie et l'Egypte... Les cas d'immolation par le feu se succèdent en Afrique du Nord, révélateurs d'un malaise social et politique grandissant. Mi-décembre, Mohammed Bouazizi s'était immolé, déclenchant la révolte populaire en Tunisie et in fine le départ de Ben Ali. Généralement jeunes, sans emploi, les « immolés » expliquent leur acte par « trop de mépris, trop de détresse et aucune autre issue que la mort ». Alors que l'acte de suicide relève normalement de la sphère privée, ce geste de désespoir a pour objectif d'être vu et d'alerter les autorités publiques. En témoigne le choix du lieu de l'immolation: en face d'institutions politiques, comme le Sénat, l'Assemblée populaire, ou le bureau du préfet...

S'immoler pour contester

Même si le feu a une symbolique de purification dans le mythe oriental, les premiers à s'être servis de cet acte comme mode de contestation, sont les moines bouddhistes dans les années 60. Dans les pays arabes, les citoyens dénoncent des conditions sociales et politiques insupportables. Le taux de chômage s'élève à 10% en Algérie et Egypte, où le niveau de vie est très élevé relativement au pouvoir d'achat. En Egypte, Hosni Moubarak a instauré un véritable régime dictatorial depuis 30 ans. L'Algérie connaît l'état d'urgence depuis 1992, prétexte à la répression et au contrôle de la liberté d'expression.

Immolation et rupture du lien social

Au-delà des difficultés politiques et économiques, les actes d'immolation s'inscrivent clairement dans le processus d'individualisation des sociétés. L'individu n'est plus porté par un groupe, il doit assumer seul ses responsabilités qu'il ne peut plus partager. Cet acte met donc en évidence la nécessité de remettre la solidarité à l'honneur dans nos sociétés.

Mylène Rousselle, Pour la Solidarité

16:20 Publié dans International | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité

24/01/2011

2011 ? Volontiers, répondent les entreprises !

Janvier 2011, la Commission européenne a donné le coup d'envoi de l'année européenne du volontariat. Un hommage soutenu aux 100 millions d'Européens qui, chaque jour, consacrent du temps de manière volontaire et bénévole au profit d'autres individus et de la collectivité.

Ces contributions s'expriment de manière diverse et variée, allant du soutien scolaire proposé par un professeur retraité, à l'entraînement d'un club de quartier par un sportif professionnel en passant par l'organisation de collectes de vêtements au profit de réfugiés. Les études réalisées sur les raisons de cet engagement citoyen montrent que les actions de volontariat permettent l'acquisition de nouvelles compétences, contribuent au bien-être des personnes, élargissent le réseau social et restaurent le sentiment de fierté et d'appartenance à la communauté.

Aussi variées soient elles, ces actions oeuvrent toutes à la promotion d'une citoyenneté active et au renforcement de la solidarité et de la cohésion sociale au sein de notre société. Société que nous sommes de plus en plus nombreux à vouloir changer pour la rendre plus harmonieuse, plus généreuse, plus exemplaire pour les générations futures.

Les associations de bénévoles, actrices principales du volontariat, ne sont pas les seules à agir. Les entreprises, actrices encore trop discrètes, participent également à ce mouvement au travers du volontariat d'entreprise. Un type de volontariat qui se caractérise par l'engagement de salariés dans des activités bénévoles de solidarité menées dans un domaine spécifique avec l'appui du management de l'entreprise. Mais pourquoi un tel engagement ?

Les entreprises convaincues parlent d'effet win-win. D'une part, elles présentent une meilleure image corporative au sein de la communauté ; elles fidélisent leurs investisseurs et clients et surtout, leurs employés. D'autre part, elles contribuent au développement harmonieux de la société, répondant par là-même à l'un des objectifs de responsabilité sociétale des entreprises (RSE).

Cependant, le potentiel des activités de volontariat d'entreprise demeure sous-exploité. Un des focus de cette année européenne est « de stimuler les échanges et les synergies entre les associations de bénévoles et d'autres acteurs, notamment les entreprises ». Un des outils pour accroître leur implication est de s'appuyer sur des structures de reliance qui facilitent et améliorent la qualité de l'implication des entreprises en créant des ponts entre les besoins des acteurs de terrain et le domaine d'expertise et d'intérêt des entreprises.

Il existe des milliers de manières de changer les choses... Alors, en 2011, si notre temps de travail est précieux, offrons-le !

Denis Stokkink, Président du Think Tank Européen Pour la Solidarité

denis.stokkink@pourlasolidarite.eu

(Article paru dans la Libre Entreprise du 22 janvier)

Carton rouge à la Biélorussie

Le 19 décembre 2010, Alexandre Loukachenko était de nouveau élu président de la Biélorussie avec 80% des voix... Celui que l'on surnomme « le dernier dictateur européen » ne s'est pas contenté d'une élection entachée de fraudes et de corruption: suite à des manifestations, de nombreux dirigeants de l'opposition, des journalistes ainsi que des défenseurs des droits de l'homme ont été arrêtés et la justice biélorusse en a condamné des centaines d'autres pour « trouble à l'ordre public ».

Déstabilisé par la prise de position occidentale en faveur de l'opposition et de la société civile, Loukachenko accuse alors l'Allemagne et la Pologne d'avoir organisé un complot, visant à le renverser... Crise de paranoïa ou calcul politique? Inutile de se poser la question... puisque cette affirmation lui permet de justifier ses menaces envers l'Union Européenne: "Si quelqu'un tente de mettre en place des sanctions économiques ou autres contre le pays, nous devons réagir sans délai et préparer en riposte des mesures, y compris les plus dures ». Autrement dit, si Bruxelles envisage des sanctions envers la Biélorussie, la préférence de Minsk ira irrémédiablement à la Russie.

Alors, que fait l'Union Européenne ? Depuis 2008, un dialogue politique s'était amorcé avec la Biélorussie et le gel des avoirs alors décidé envers les hauts responsables du régime, n'avait plus lieu d'être. Le Parlement Européen, particulièrement mobilisé, a demandé la réactivation du gel des avoirs et l'interdiction de visa, à l'encontre des hauts dirigeants bélarusses et des fonctionnaires impliqués dans les arrestations. Il en appelle, au contraire, à un soutien financier et politique aux médias biélorusses indépendants ainsi qu'à la société civile. Les Etats-Unis ont d'ailleurs annoncé leur soutien aux sanctions européennes.

Espérons que cet isolement politique et économique aura les effets escomptés, et ne se fera pas au détriment des opposants au régime...

Mylène Rousselle, Pour la Solidarité

21/01/2011

Cachez cet immigrant que je ne saurais voir

photos de noborder network.jpgLe 3 janvier dernier, le ministre grec chargé de l’Immigration a confirmé la volonté de son gouvernement d’aller de l’avant avec son projet de construction d’un mur à la frontière gréco-turque, visant à freiner l’immigration clandestine. À l’instar de l’Espagne il y a quelques années, la Grèce est devenue la nouvelle porte d’entrée en sol européen pour des centaines de milliers de migrants, venus principalement d’Asie. On estime aujourd’hui à 90% la proportion de clandestins qui arrivent en Europe en passant par le territoire grec. L’immigration clandestine constitue un problème croissant pour le pays hellénique, qui se retrouve débordé face à cet afflux massif de migrants.

Le projet vise la construction d’un mur d’une hauteur de 3 mètres entre les villes de Kastanies et de Nea Vyssa dans le Nord-est du pays. D’une longueur d’une douzaine de kilomètres, il sera situé dans une zone où aucune frontière naturelle n’empêche le passage des migrants et où, pour l’année 2010, plus de 30 000 interceptions de clandestins ont été effectuées.

La Commission Européenne a aussitôt émis ses réserves face au projet, par l’entremise de Michele Cercone, porte-parole de la commissaire en charge de la sécurité, pour qui « les murs ou les grillages sont des mesures à court terme qui ne permettent pas de s'attaquer de manière structurelle à la question de l'immigration clandestine ». Paradoxalement, l’Union Européenne avait pourtant financé les projets de clôtures anti-clandestins ceinturant les enclaves espagnoles de Ceuta et de Melilla en Afrique du Nord...

Dave François, Pour la Solidarité

15:09 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : europe

13/01/2011

Côté d’Ivoire, Hongrie et maintenant Tunisie : les droits de l’homme en berne…

mafate69.jpgLa Tunisie connaît depuis la mi-décembre une vague d’émeutes suite au suicide d’un jeune vendeur ambulant par immolation. La jeune population tunisienne manifeste pour dénoncer le malaise social et la misère vécus par un pays tenu d’une main de fer depuis bientôt 24 ans par le président Ben Ali et sa famille.

La révolte économique et sociale commence d’ores et déjà à prendre un tournant politique avec la revendication du départ de Ben Ali. Le régime n’a pas failli à sa réputation autoritaire : l’escalade de la répression policière, qui se traduit par des tirs à balles réelles sur les manifestants, a fait jusqu’ici entre 20 et 60 morts.

Face au climat de terreur qui règne en Tunisie, quelles sont les réactions de l’Union Européenne et de la France ?

Malgré une réaction plutôt tardive, l’Union Européenne, en la personne de sa chef de la diplomatie Catherine Ashton, a multiplié les déclarations ces derniers jours pour condamner l'usage « disproportionné » de la force dans le pays. Le Ministre belge des Affaires étrangères, Steven Vanackere suit cet avis en appelant de son côté la Tunisie à respecter les droit de l’homme et à éviter à tout prix le recours à la force. Pour Daniel Cohn-Bendit, la réaction européenne n'est « pas à la hauteur » des événements. Il réclame pour sa part une commission d’enquête internationale ainsi que la suspension immédiate des négociations pour un « statut avancé » de la Tunisie.

Du côté de la France, peu ou pas de réaction. Le porte-parole du gouvernement français, François Baroin, a défendu une « position équilibrée » déclarant : « La Tunisie est un ancien protectorat français. Compte tenu de nos liens d'amitié et de notre histoire commune, aller plus loin serait faire preuve d'une ingérence qui n'est pas du tout la ligne de la diplomatie française. » Notons tout de même que la Côté d’Ivoire était une colonie française jusque 1960 : cela n’a pas empêché le gouvernement et le chef de l’Etat français d’exhorter Laurent Gbagbo à accepter sa défaite au lendemain des élections afin de respecter la démocratie

Audrey Houssière, Pour la Solidarité