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10/01/2011

Présidence hongroise VERSUS valeurs européennes

Pour sa première présidence tournante, la Hongrie fait une entrée remarquée et controversée… à juste titre !

Une loi encadrant strictement les médias hongrois est entrée en vigueur le 1er janvier 2011 et jette sans aucun doute le discrédit sur les motivations de la Hongrie à être dans l’Union Européenne. Alors que le Premier Ministre du Parti Fidesz, Viktor Orban, s’était acharné pour entrer dans l’Union en 2004, cette loi anti-démocratique est en contradiction avec les valeurs de l’Union Européenne. En effet, elle instaure un contrôle politique de la presse écrite et audiovisuelle, public et privée. Une Autorité Nationale des Médias et des Communications (la NMHH), dirigée naturellement par des proches d’Orban, est chargée de vérifier le contenu des informations délivrées par la presse, qui peut être sanctionnée en cas de « manque d’objectivité politique ». Cette mainmise sur la presse hongroise s’exprime également par la diffusion d’un journal d’information unique et officiel sur les trois chaînes nationales et à la radio. Et la dérive populiste ne s’arrête pas là : la Cour Constitutionnelle, contrepouvoir important, ne peut plus se prononcer sur les textes du gouvernement concernant le budget, les taxes, les impôts….

N’ayons pas peur des mots : il s’agit clairement de censure, menée par un gouvernement nationaliste, violant les libertés de l’Etat de droit, dont celle fondamentale de la liberté de la presse.

Quid des valeurs de l’Union Européenne ?

Doit-on rappeler à la Hongrie qu’avant d’être une Union Economique, l’Union Européenne est une Communauté de valeurs politiques ? Apparemment oui ! La Charte des Droits Fondamentaux de l’Union Européenne affirme que « La liberté des médias et leur pluralisme sont respectés ». Selon l’Article 2 du Traité de Lisbonne, « l’Union Européenne repose sur les valeurs de liberté,…, de démocratie,…, de l’Etat de droit, ainsi que du respect des droits de l’homme… ». « Ces valeurs sont communes aux Etats membres… ». Ainsi, la Hongrie devrait les respecter au même titre que les autres Etats membre. Au-delà d’être une menace pour la liberté de presse, cette loi viole les notions démocratiques européennes ! L’attitude de la Hongrie menace la crédibilité de l’Union Européenne, considérée comme un « exemple de démocratie », défendant l’Etat de droit et le pluralisme.

A cela s’ajoute une Commission Européenne silencieuse et frileuse… Certes, elle «émet des doutes » sur la législation hongroise et demande plus de clarifications. Mais, elle n’envisage en aucun cas d’engager une procédure d’infraction. Seul le groupe des Libéraux-démocrates et les Verts se sont indignés au Parlement Européen, tandis que le Parti Populaire Européen est resté atone.

La Hongrie, partie émergée de l’Iceberg ?

La réforme hongroise fait scandale car, effet de calendrier, elle entre en vigueur au moment où la Hongrie est amenée à définir les priorités politiques de l’Union pour les mois à venir. Mais elle n’est que la partie émergée de l’iceberg Europe. Selon un Rapport de l’OSCE (Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe) du 29 juillet 2010, "La situation concernant la liberté de la presse dans les pays membres n'est pas rose". En Italie, la « loi Bâillon » de Silvio Berlusconi contrôle désormais les informations diffusées sur les sites de partage comme Youtube. En Slovaquie, une loi de 2008 sur la presse supprime la possibilité de réclamer un droit de réponse. La France n’est pas épargnée, puisque l’exécutif nomme le dirigeant des chaînes de service public de France Télévision.

La Hongrie devrait-elle continuer à assumer la présidence tournante ?

La vie politique européenne est indissociable de la politique intérieure d’un Etat membre, surtout quand il prend la tête de la présidence tournante. En adhérant à l’Union, la Hongrie s’est engagée à respecter des valeurs, dont la violation peut être sanctionnée selon le Traité de Lisbonne. En effet, le Conseil statuant à la majorité qualifiée peut décider de suspendre certains droits de l’Etat membre fautif. Ainsi, la Hongrie doit-elle continuer à assumer la présidence tournante ? Enlever à la Hongrie son droit de vote au Conseil créerait inévitablement une crise politique. Néanmoins, il est indispensable de défendre les valeurs démocratiques européennes. Dès lors, la Commission Européenne et les autres Etats membre ne devraient-ils pas jouer ce rôle et condamner publiquement la Hongrie ?

Mylène Rousselle, Pour la Solidarité

Commentaires

Ce 21 juillet 2010: des milliers d’hommes et de femmes armé-e-s ont défilé dans les rues de Bruxelles, montrant la Belgique militariste. Et seulement 13 personnes ont défilé contre l’occupation de l’Afghanistan, contre la vente d’armes, contre la présence d’armes nucléaires américaines sur notre sol et pour la paix et la non-violence.

Pour le simple fait d’avoir clamé ce message nous avons été arrêtés administrativement. Je ne fais pas de remarque déplacée quand je dis que ma liberté d’expression et celle de mes amis n’a pas été respectée.

Écrit par : Valentine | 11/01/2011

L'Union européenne, et notamment le Parlement européen, devrait se faire entendre, comme l'Europe a su le faire contre les expulsions collectives de Roms en France.

Écrit par : Annie | 19/01/2011

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