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30/12/2010

Un gouvernement économique européen : l’idée progresse !

ImageModeleSoOK.jpgCela fait presque 20 ans que la nécessité de mise en place d’un gouvernement économique européen a été soutenue par Jacques Delors. Ce gouvernement économique doit être un contrepoids à la gestion monétaire par des techniciens indépendants à la Banque Centrale Européenne (BCE) et aux gouvernements politiques – Commission et Conseil européens.

Est-ce qu’une politique économique européenne peut être pensée, conduite et comment ?

C’est la question que les Etats membres ont toujours refusé d’aborder ensemble, de manière globale, préférant garder leur pré carré même si cela remet en cause l’efficacité générale de la gestion politique de l’ensemble de l’Europe. On sait pourtant que ne pas pouvoir bénéficier d’une politique économique cohérente au niveau européen est synonyme de risques élevés, risques soulignés par un certain nombre de spécialistes, malheureusement trop peu nombreux.

Il a fallu la crise économique, financière, monétaire et sociale de ces deux dernières années pour que les esprits changent. Un certain nombre de gouvernements, en particulier le gouvernement allemand originellement très rétif à toute perte d’autonomie de décision en matière économique, se rendent compte aujourd’hui de la nécessité d’une gouvernance économique au niveau européen. Quitte à perdre un part de leur sacro-sainte autonomie. Bien sûr, certains rechignent encore mais les conséquences de la crise et les risques systémiques qui sont toujours présents, font malgré tout avancer l’idée.

Le champ de ce gouvernement économique est, bien sûr, encore extrêmement flou : la création d’un Fonds Monétaire Européen, des politiques fiscales communes, un système de protection sociale européen, le développement du Pacte de Stabilisation et de Croissance, ... Voilà les principaux thèmes mis à l’agenda des dirigeants européens pour les prochains mois. Reste à voir le contenu précis de tous ces projets.

Par ailleurs, outre les compétences exactes qui seront déléguées au niveau européen, reste le problème clé de savoir qui va tenir les rênes décisionnelles de ce gouvernement économique : des techniciens ou des politiques ? On sait que ce débat avait déjà été particulièrement tendu lors de la création de la BCE et la thèse allemande de créer une autorité « indépendante » formée de techniciens avait finalement prévalu. Ceci s’opposait aux visions française et belge de donner ces pouvoirs à des élus du peuples.

En tous cas, avec 20 ans de retard et surtout une terrible crise qui n’a pas suffisamment pu être gérée de manière centralisée au niveau européen, l’objectif d’un gouvernement économique européen progresse et c’est une bonne chose. Reste à être vigilant sur la manière dont cette bonne idée sera concrétisée.

Denis Stokkink et Céline Brandeleeer, Pour la Solidarité

Commentaires

La création d'un gouvernement économique européen marquera au contraire une étape de plus, et décisive, dans le processus de confiscation des prérogatives régaliennes des Etats-nations, en l'occurence, la manière et les critères mis en oeuvre pour lever l'impôt et décider des dépenses de ces Etats.

L'Union Européenne décourage toujours plus les citoyens de s'occuper de la chose publique car elle n'est pas faite fondamentalement pour les peuples. Elle a été créée et elle fonctionne pour promouvoir la libre circulation des capitaux et des marchandises, point ! Elle est donc ressentie comme étant le terrain de jeu des financiers. Faire croire qu'elle a des visées sociales est tout à fait vain. Les faits sont là.


Un Etat-nation qui se laisse confisquer la réalisation de son budget et de plus la gestion de sa monnaie pour les confier à une entité plus vaste est un Etat qui a abdiqué de sa souveraineté. Alors que l'Etat-nation est indépassable comme lieu de débat démocratique, comme lieu de définition de sa politique budgétaire, de sa politique de la monnaie et de sa politique étrangère.


Les citoyens des pays européens sont conscients qu'on les a trompés sur la vocation de l'instance Union Européenne. Ils savent aussi que les Parlements nationaux deviennent de plus en plus des chambres d'entérinement des décisions prises dans les cénacles européens. (Voir : François Asselineau: « Qui gouverne la France ? »).
De plus en plus, tout se décide à la Commission, à Bruxelles, que ce soit en matière d’agriculture, d’économie, de culture, d’affaires étrangères, par des personnes non élues (!). Ne pas oublier que depuis sa fondation, l’Union Européenne est travaillée par les lobbies de toutes sortes; on en compte des dizaines de milliers qui gravitent autour de la Commission. Les citoyens européens ressentent la Commission comme une monarchie peu éclairée, composée de personnes non élues, choisies pour des compétences pas toujours prouvées. La Commission consulte à contre-coeur les peuples, c'est-à-dire: le Parlement Européen, pour prendre ses décisions. Le Parlement Européen n’a aucune force législative; tout au plus, peut-il émettre des amendements aux projets de la Commission qui peut les rejeter sans autre forme de procès et ceux qui seraient admis à la discussion doivent être avalisés à l’unanimité au Conseil Européen des Ministres, soit 27 ! Ce Parlement a encore moins de force que les traditionnels parlement nationaux.


Les citoyens de l’Union Européenne commencent seulement à se réveiller de ce cauchemar mais ne remettent pas encore en cause l’appartenance de leur pays à l’UE, sauf ceux qui ont voté contre le Traité de Lisbonne et dont les autorités nationales n’ont pas tenu compte de leur avis.
On aboutit ainsi à une Commission de plus en plus toute puissante, affaiblissant notablement le pouvoir des Etats nationaux,- en conférant de plus en plus de pouvoirs aux Régions - et pour finir, leur légitimité elle-même car que peuvent attendre des citoyens d'un Etat-coquille vide ?


Certaines Régions s'enrichissent, certes, mais c'est au détriment d'autres, dans le même pays. Un exemple flagrant est le cas de l'Italie où l'Etat central, de plus en plus privé de ses prérogatives régaliennes et de ses ressources par l'UE, attribue de plus en plus de charges aux Régions, ce qui accuse les différences entre le nord du pays, riche ou relativement riche et le sud, délaissé et en voie de tiers-mondisation. Du coup, on assiste à une perte de légitimité d'autant plus grande des Etats et à l'impuissance des citoyens à diriger leur sort.

Les citoyens des pays d'Europe ont déjà toutes les peines du monde à revitaliser le concept de démocratie à l'intérieur de leurs frontières, a fortiori, à l'échelle de l'Europe, ils sont désorientés et dans la confusion.


Dans l'Europe des marchands qui a pris son essor au début des années soixante et qui a fait des citoyens principalement des consommateurs, le sentiment d’appartenance à un collectif doté d’une efficacité réelle sur le plan social et politique a disparu. L'individualisme s'en est trouvé accru et la réalité démocratique, singulièrement diminuée.


Dernière illustration du malentendu total entre l'UE et les gens « d'en-bas » : les dirigeants de l'Union européenne induisent les Européens en erreur affirmant que la situation économique et financière de l'UE s'est stabilisée, a déclaré mercredi (19 janvier 2011) le député du Parlement européen Charles Tannock (Royaume-Uni). 
"Vos affirmations selon lesquelles tout va bien ne prennent pas", a martelé le député britannique lors d'une réunion du Parlement européen à Strasbourg. Selon lui, les habitants des pays membres de l'Union "ont perdu la foi dans l'euro et dans le marché". 
"Personne ne vous croit, les gens ne vous soutiennent pas!", a lancé M.Tannock à l'adresse du président du Conseil européen Herman Van Rompuy. 
M.Tannock estime que celui-ci utilise la situation de crise pour transformer l'UE en une "union fiscale", ce qui est équivalent à une "union morte" selon le député conservateur britannique. 
Auparavant, le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, Olli Rehn, a admis que la crise des dettes souveraines dans la zone euro n'était pas encore surmontée. M.Rehn a plaidé pour une augmentation rapide du Fonds européen de stabilité financière et l'extension de son application. 
Alors, la coupe est pleine. Il ne faut pas prendre les gens pour des gogos !















La création d'un gouvernement économique européen marquera au contraire une étape de plus, et décisive, dans le processus de confiscation des prérogatives régaliennes des Etats-nations, en l'occurence, la manière et les critères mis en oeuvre pour lever l'impôt et décider des dépenses de ces Etats.
L'Union Européenne décourage toujours plus les citoyens de s'occuper de la chose publique car elle n'est pas faite fondamentalement pour les peuples. Elle a été créée et elle fonctionne pour promouvoir la libre circulation des capitaux et des marchandises, point ! Elle est de plus en plus ressentie comme étant le terrain de jeu des financiers. Faire croire qu'elle a des visées sociales est tout à fait vain. Les faits sont là. Un Etat-nation qui se laisse confisquer la réalisation de son budget et de plus la gestion de sa monnaie est un Etat qui a capitulé de sa souveraineté. L'Etat-nation est indépassable comme lieu de débat démocratique, comme lieu de définition de sa politique budgétaire, de sa politique de la monnaie et de sa politique étrangère,
De plus en plus, les citoyens des pays européens sont conscients qu'on les a trompés sur la vocation de l'instance Union Européenne. Ils savent aussi que les Parlements nationaux deviennent de plus en plus des chambres d'entérinement des décisions prises dans les cénacles européens. (Voir : François Asselineau: « Qui gouverne la France ? »)
De plus en plus, tout se décide à la Commission, à Bruxelles, que ce soit en matière d’agriculture, d’économie, de culture, d’affaires étrangères, par des personnes non élues (!). Ne pas oublier que depuis sa fondation, l’Union Européenne est travaillée par les lobbies de toutes sortes; on en compte des dizaines de milliers qui gravitent autour de la Commission. Les citoyens européens ressentent la Commission comme une monarchie peu éclairée, composée de personnes non élues, choisies pour des compétences pas toujours prouvées. La Commission consulte à contre-coeur les peuples, c'est-à-dire: le Parlement Européen, pour prendre ses décisions. Le Parlement Européen n’a aucune force législative; tout au plus, peut-il émettre des amendements aux projets de la Commission qui peut les rejeter sans autre forme de procès et ceux qui seraient admis à la discussion doivent être avalisés à l’unanimité au Conseil Européen des Ministres, soit 27 ! Ce Parlement a encore moins de force que les traditionnels parlement nationaux. Les citoyens de l’Union Européenne commencent seulement à se réveiller de ce cauchemar mais ne remettent pas encore en cause l’appartenance de leur pays à l’UE, sauf ceux qui ont voté contre le Traité de Lisbonne et dont les autorités nationales n’ont pas tenu compte de leur avis.
On aboutit ainsi à une Commission de plus en plus toute puissante, affaiblissant notablement le pouvoir des Etats nationaux,- en conférant de plus en plus de pouvoirs aux Régions - et pour finir, leur légitimité elle-même car que peuvent attendre des citoyens d'un Etat-coquille vide ? Certaines Régions s'enrichissent, certes, mais c'est au détriment d'autres, dans le même pays. Un exemple flagrant est le cas de l'Italie où l'Etat central, de plus en plus privé de ses prérogatives régaliennes et de ses ressources par l'UE, attribue de plus en plus de charges aux Régions, ce qui accuse les différences entre le nord du pays, riche ou relativement riche et le sud, délaissé et en voie de tiers-mondisation. Du coup, on assiste à une perte de légitimité d'autant plus grande des Etats et à l'impuissance des citoyens à diriger leur sort.
Les citoyens des pays d'Europe ont déjà toutes les peines du monde à revitaliser le concept de démocratie à l'intérieur de leurs frontières, a fortiori, à l'échelle de l'Europe, ils sont désorientés et dans la confusion,
Dans l'Europe des marchands qui a pris son essor au début des années soixante et qui a fait des citoyens principalement des consommateurs, le sentiment d’appartenance à un collectif doté d’une efficacité réelle sur le plan social et politique a disparu. L'individualisme s'en est trouvé accru et la réalité démocratique, singulièrement diminuée.
Dernière illustration du malentendu total entre l'UE et les gens « d'en-bas » : les dirigeants de l'Union européenne induisent les Européens en erreur affirmant que la situation économique et financière de l'UE s'est stabilisée, a déclaré mercredi (19 janvier 2011) le député du Parlement européen Charles Tannock (Royaume-Uni). 
"Vos affirmations selon lesquelles tout va bien ne prennent pas", a martelé le député britannique lors d'une réunion du Parlement européen à Strasbourg. Selon lui, les habitants des pays membres de l'Union "ont perdu la foi dans l'euro et dans le marché". 
"Personne ne vous croit, les gens ne vous soutiennent pas!", a lancé M.Tannock à l'adresse du président du Conseil européen Herman Van Rompuy. 
M.Tannock estime que celui-ci utilise la situation de crise pour transformer l'UE en une "union fiscale", ce qui est équivalent à une "union morte" selon le député conservateur britannique. 
Auparavant, le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, Olli Rehn, a admis que la crise des dettes souveraines dans la zone euro n'était pas encore surmontée. M.Rehn a plaidé pour une augmentation rapide du Fonds européen de stabilité financière et l'extension de son application. 
Alors, la coupe est pleine. Il ne faut pas prendre les gens pour des gogos !

Écrit par : VAN MUY Bernard | 19/01/2011

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